Comment l’industrie agro-alimentaire nous pousse-t-elle à manger plus ?

Aliments transformés de qualité variable, promotion du « snacking » et des méga-doses, douteux engagements en faveur de la nutrition, noyautage des cercles scientifiques, lobbying de la grande distribution et des pouvoirs publics : les intérêts d’une grande partie des industriels convergent vers un seul but : vendre plus.

Cette finalité reste souvent opposée aux intérêts d’un public soucieux de son poids, veillant à manger moins souvent, des portions plus petites, composés d’aliments peu transformés.

Le marché alimentaire dans la plupart des pays développés fournit déjà près de 4000 calories (kcal) disponibles par personne, soit près de deux fois les besoins énergétiques moyens. « Pour augmenter les profits », dit David Ludwig, de l’Hôpital pour enfants de Boston,  les sociétés agro-alimentaires n’ont que deux options : convaincre les consommateurs de manger plus, ce qui contribue directement à l’obésité, ou augmenter les marges de profit en proposant de nouveaux produits, réassemblés, préparés, plus sophistiqués ou repackagés. »

Il s’agit de la porte ouverte aux « solutions toutes prêtes » que sont les plats cuisinés, digérés rapidement pour un deuxième service dans les heures qui suivent.

On sait aujourd’hui que les régimes à base d’aliments peu transformés sont favorables à la santé. Ces aliments préviennent l’obésité parce qu’ils sont riches en nutriments, qu’ils favorisent la satiété, limitent la montée brutale du sucre sanguin et nécessitent des calories pour les digérer.

Ces aliments n’intéressent pas l’industrie agro-alimentaire parce que les marges qui les accompagnent sont limitées. L’industrie tire des profits bien plus importants des aliments qu’elle transforme, qu’elle cuisine ou qu’elle assemble. Nous retrouvons tout cela dans les fast-foods, les snacks, restaurants minutes, où le consommateur retrouvera la même gamme industrielle de boissons, charcuteries, fromages, desserts et plats préparés.

Le prix de vente de ces aliments est attractif parce que les industriels font appel à des matières premières elles-mêmes peu onéreuses comme les amidons raffinés, des sucres, du sel, des graisses de qualité parfois discutable, des viandes et des produits laitiers.

Pourquoi ces matières premières ne reviennent-elles pas cher ?

Parce que la productivité y est élevée du fait de l’élevage en batterie, des cultures sur grande échelle à fort rendement ou du fait des subventions et de l’industrialisation généralisée de la production agricole.

Les personnes qui consomment fréquemment des aliments transformés ont un risque plus élevé de surpoids et de surconsommation.

En effet, plus un aliment est transformé, moins il est rassasiant.

Ce contenu a été publié dans boulimie, Généralités, hyperphagie, Les notions de faim et de satiété, Les pièges nutritionnels, Obésité, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>