Dépistage précoce des troubles psychiatriques?

Sujet éminemment polémique mais récurrent, la question du dépistage précoce des troubles psychiatriques concerne aussi l’hémisphère austral, comme le montre une étude réalisée à la Monash University de Melbourne (Australie) sur la possibilité d’identifier d’éventuelles problématiques de santé mentale dès l’âge de 3 ans.

Cette recherche exploite des entretiens réalisés auprès de parents sur le développement social et affectif des enfants, et l’opportunité de proposer très tôt des soins préventifs. S’il n’est pas question de contester l’intérêt de la pédopsychiatrie, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse consistant à voir des « cas pathologiques » partout. À ce titre, l’exemple des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité doit inciter à la prudence : s’agit-il d’une vraie maladie, ou d’une dérive du diagnostic liée à quelque « mode »?

Cette enquête montre que les familles et les médecins sont « réceptifs à l’idée du dépistage » en la matière, mais que les parents n’ont qu’une « connaissance limitée sur les questions de santé mentale et la nécessité d’une intervention précoce. » Ils s’interrogent aussi sur « les compétences des praticiens pour identifier les problèmes », tandis que les médecins (australiens) eux-mêmes semblent faire écho à cette inquiétude parentale en exprimant « un besoin de formation continue et d’outils » (de dépistage).

L’un des effets pervers du dépistage précoce serait d’« augmenter l’angoisse des parents », mais les psychiatres estiment que ce risque est compensé par la réduction d’un autre risque, celui de négliger des « cas non reconnus par les parents. » Mais quoi qu’il en soit, praticiens et familles sont d’accord pour conclure qu’une identification précoce n’aurait d’intérêt qu’en permettant d’initier « des démarches thérapeutiques efficaces et accessibles. »

Si la question de l’efficacité des interventions précoces reste l’objet d’un débat scientifique et sociétal ouvert, celle de l’accessibilité concrète des soins est encore plus épineuse, quand on connaît (pour ne citer que l’exemple français) les difficultés pour obtenir un rendez-vous rapide dans un Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) ou un Centre d’action médico-sociale précoce (CAMPS), et le manque de places en Centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP).

Auteurs

Dr Alain Cohen

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