Deuil dans la petite enfance, un plus grand risque de psychose

De nombreux travaux ont montré que la santé d’un adulte est certes influencée par le génotype et le style de vie, mais aussi par ce qu’il a vécu dans ses premiers mois de vie.

De grandes études observationnelles ont aussi accrédité l’idée que l’exposition à un stress prénatal peut être responsable d’un risque accru de pathologie psychiatrique grave à l’âge adulte.

Un deuil familial est un stress identifiable aisément pour les recherches.

C’est l’élément qui a été choisi pour une nouvelle étude, réalisée à partir des registres nationaux suédois, pour évaluer le risque de psychose associé à un stress maternel avant et pendant la grossesse et en période post-natale.

Plus de 1 million d’enfants ont été répertoriés, nés entre 1973 et 1985 et suivis jusqu’en 2006.

Les auteurs ont retenu les enfants dont la mère a été confrontée à un deuil six mois avant la conception ou pendant la grossesse, ou exposés à la perte d’un membre de la famille proche entre leur naissance et l’âge de 13 ans.

Le premier constat ne va pas dans le sens de l’influence d’un stress prénatal sur le risque de psychose, quel que soit le stade de la grossesse.

En revanche, la survenue d’un décès dans la famille au cours de la petite enfance et jusqu’à l’adolescence est associée à une augmentation du risque de psychose (Odds Ratio [OR] ajusté 1,17 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,04 à 1,32).

Cet effet est plus prononcé quand il s’agit du décès d’un membre de la famille « nucléaire » (mère, père, frères et sœurs) plutôt que de la famille élargie (grands-parents), et d’autant plus marqué que le décès survient tôt.

L’augmentation du risque, de 84 % quand le décès d’un membre de la famille nucléaire survient entre la naissance et l’âge de 2,9 ans, est de 47 % quand il survient entre 3 et 6,9 ans et de 32 % entre 7 et 13 ans.

Les données sont un peu différentes si le décès est en relation avec un suicide. En ce cas, l’augmentation du risque de pathologie psychotique ne concerne que le risque de psychose affective, qui est alors doublé, voire même triplé en cas de suicide d’un membre de la famille nucléaire quand l’enfant a moins de 3 ans.

Si cette augmentation paraît, dans cette étude, indépendante des antécédents psychiatriques familiaux, le mécanisme de ce lien entre décès d’un proche et psychose est sans doute multifactoriel, une combinaison complexe de facteurs augmentant plus ou moins le risque ou favorisant au contraire la résilience.

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