Dopage pour les examens

Alors que les épreuves du baccalauréat débutent aujourd’hui, certains pharmaciens, s’ils ne sont pas eux-mêmes parents de jeunes candidats, auront peut-être une pensée particulière pour ceux et celles qu’ils ont vu défiler dans leur officine ces dernières semaines à la recherche d’un traitement de choc pour leur permettre de doper leurs performances et de lutter contre le stress.

La recherche de substances destinées à améliorer ses capacités en période de révision n’est en effet pas rare : 16 % des étudiants l’avouent selon une dernière enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante.

Par ailleurs, ils sont plus nombreux encore, au-delà de produits spécifiquement destinés à booster leurs performances intellectuelles, à s’intéresser à des produits permettant d’améliorer leur bien être en cette période de turbulences.

Dopage gentillet : la face visible en officine

Les pharmacies peuvent donc être fortement sollicitées.

Certaines d’ailleurs accompagnent cette tendance en mettant par exemple en avant des « Pack Exam », soit des assortiments de compléments alimentaires censés « soigner » le sommeil, l’alimentation et la concentration des jeunes bachoteurs.

Les parents, eux-mêmes, peuvent être séduits par ces présentations.

Cependant, les pharmaciens peuvent également être là pour mettre en garde contre l’absence d’effets magiques de la plupart des produits ainsi vendus et délivrer des conseils hygiéno-diététique.

D’une manière générale, la consultation d’un pharmacien dans cette optique relève non seulement d’une démarche responsable mais aussi de la volonté de s’en tenir à des substances autorisées ; ce que le président de l’Union des syndicats de pharmacien d’officine (USPO), Gilles Bonnefond, cité par 20 minutes appelle « un dopage gentillet ».

Dopage dangereux : à l’ombre d’internet

Mais certains ne s’en tiennent pas là et le « dopage » en période d’examen peut conduire à des pratiques dangereuses.

Les pharmaciens et les médecins peuvent dans ce cadre être alertés par des questions inhabituelles.

« Parfois, ils demandent des renseignements sur des médicaments dont ils ont entendu parler et dont on n’a pas connaissance nous-mêmes » relève ainsi le médecin scolaire Corinne Vaillant également cité par 20 minutes.

Une fois les renseignements obtenus, c’est sur internet que les étudiants vont faire leur marché, comme s’en inquiète Gilles Bonnefond, qui rappelle : « Quand on sait que 50 % des produits vendus sur le web sont des faux, il y a de très mauvaises surprises ». Au-delà même des problèmes de contrefaçon, c’est l’usage qui est fait de ces substances ainsi acquises qui peut inquiéter.

Car sur le web, les élèves sont loin de se contenter de compléments alimentaires ou de vitamines. Ils sont à la recherche d’anxiolytiques ou de psychostimulants, dont ils sont loin de toujours respecter les posologies.

Des comportements addictifs peuvent alors naître, notamment chez ceux préparant des concours difficiles. « Il y a des risques de compensation psychiques évidents » ajoute encore le docteur Velea, médecin généraliste à Paris.

Où l’on rappelle que ce qui peut ne prendre la forme que d’un « dopage gentillet » peut également être lourd de conséquences sanitaires.

UNIVADIS

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