Et la dyspraxie ?

La dyspraxie développementale est un trouble des apprentissages spécifiques.

Les enfants dyspraxiques ont des difficultés à planifier, à programmer et à coordonner des gestes complexes, intentionnels et orientés vers un but, à élaborer le programme moteur qui leur permettra de réaliser un geste conscient, à prendre en compte les feedbacks internes et externes pour modifier leur mouvement.

Leur cerveau n’intègre pas la séquence motrice qui sous-tend l’automatisation d’un geste. La prévalence de la dyspraxie est élevée : 5 à 7 % des enfants de 5 à 11 ans, selon le Haut Comité de santé publique. Tous les enfants sont loin d’être repérés aujourd’hui, bien que cette pathologie pourrait concerner plus de 250 000 d’entre eux en primaire (près d’un enfant par classe).

Les gestes complexes nécessitant un apprentissage, comme l’écriture, ne deviennent jamais automatiques chez les enfants dyspraxiques, qui doivent tout au long de leur existence prêter une attention importante à des gestes que les autres enfants apprennent peu à peu à réaliser de manière automatique. Dans la majeure partie des cas, ces difficultés de coordination des praxies sont associées à des troubles oculomoteurs. Cette difficulté à acquérir des stratégies de regard efficaces est extrêmement pénalisante puisqu’elle compromet l’accès aux informations présentées visuellement. Parce que ces perturbations apparaissent en l’absence de lésion cérébrale avérée, elles ont trop souvent par le passé été mises sur le compte d’une immaturité de l’enfant, d’un trouble affectif ou d’un manque de stimulations. Elles sont en fait le reflet d’un dysfonctionnement du cerveau.

Les difficultés à appréhender les perturbations induites par ce handicap invisible, à comprendre et à mettre en œuvre les adaptations nécessaires des supports scolaires qui permettraient aux élèves dyspraxiques d’accéder aux compétences de leur classe d’âge conduisent chaque année des dizaines de milliers d’enfants d’intelligence normale et même bien souvent supérieure à la moyenne vers un échec scolaire. Une coopération étroite entre l’équipe pédagogique, les intervenants médicaux et paramédicaux (ergothérapeute, psychomotricien…) et les parents est indispensable à la mise en œuvre de moyens de compensation au sein de l’école (remplacement de l’écriture manuscrite par la frappe au clavier d’ordinateur, par exemple).

Source INSERM
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Une réponse à Et la dyspraxie ?

  1. delva dit :

    Je viens de lire la fiche « et la dyspraxie » car j’ai un fils de 11 ans bientôt qui est en 6ème et n’écris pratiquement plus. Il est suivi par une ergothérapeute et a un scanner pour les cours. Elle propose de faire ses devoirs sur ordinateur. Or, son problème va être au moment de passer le brevet et les autres … Je constate qu’au primaire il écrivait mieux mais pas très vite alors qu’au collège il n’arrive pas à écrire aussi vite que les autres élèves mais a progressé (sachant qu’il a fait un saut de classe – enfant déclaré EIP avec un gros décalage entre le verbal et l’écrit : comme dit si bien le médecin son cerveau est une Ferrari et sa main une 2CV). N’y a-t-il pas autre chose à faire car même les devoirs écrits sont rejetés par lui, donc vous pouvez imaginer les interrogations écrites qui sont à peines écrites malgré parfois des interrogations aménagées. Comment pourra-t-il suivre après la 6ème s’il n’écrit pas plus que cela car cela a vraiment l’air de lui poser problème, il n’y voit aucun intérêt. Sa scolarité est en perdition.

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