La thérapie qui ne coute rien

La thérapie qui ne coute rien, placoter, papoter, bavarder, bref, s’exprimer parfois pour ne rien dire… D’après les dernières études, le fait de communiquer, le fait de bavarder est un excellent moyen de diminuer les tensions intérieures, d’exprimer des préoccupations et au-delà, permet de se sentir exister dans un groupe.

Parler de tout et de rien, commenter la météo, évoquer les petits soucis que donnent les enfants, s’inquiéter des dernières tendances de la mode, raconter ses vacances, détailler les exploits de son chien ou de son chat, se passionner la dernière aventure sentimentale de sa vedette préférée, donner des nouvelles d’amis communs sont autant de sujets « légers » qui alimentent la plupart des conversations sans importance.

Alors que tout cela paraît bien léger et anodin, sur le plan psychologique, c’est réellement essentiel.

Ces papotages permettent de s’évader des préoccupations du quotidien, autorisent une interruption des activités prenantes et resserrent le lien social indispensable à chacun d’entre nous.

Parler, cela soulage, cela permet de poser devant soi des problèmes parfois légers, d’autres fois, cela permet de soulager sa conscience, d’alléger sa souffrance, de relativiser de trop nombreuses préoccupations.

Les premiers résultats du bavardage ne se font pas attendre : l’anxiété diminue, nous nous sentons un peu moins isolés, l’agressivité exprimée dans les mots perd de son intensité et enfin, pourquoi pas, cela nous permet d’avoir du plaisir en riant ou en nous divertissant.

Les femmes ont beaucoup plus de talent pour le bavardage que les hommes, dès la petite enfance cela s’observe.

En parallèle, leur agressivité physique diminue alors que l’agressivité verbale devient un véritable art.

La violence répréhensible pénalement se guérit par la parole, par contre, de manière plus civilisée, elle s’exprime dans le papotage.

Ce n’est pas nouveau, les psychothérapies qu’elles soient individuelles ou de groupe, passent par la parole.

De façon symbolique, celui qui parle se débarrasse de ses problèmes pour en charger les bras de celui qui écoute.

Dans cette situation, il vaudra mieux que « l’écoutant » soit un thérapeute averti capable d’interpréter les paroles et capable d’avoir, en retour, une action positive sur celui qui parle.

Bien souvent, se retrouvent parachutés comme thérapeutes, le concierge, le coiffeur, l’esthéticienne, l’infirmière, et toutes ces professions qui nous touchent de près et qui nous accordent un temps de parole.

Sans y prendre garde, beaucoup d’entre nous leur confient leurs préoccupations, leurs rêves, les détails de leur vie privée et bien des chagrins.

Parler ne nécessite pas obligatoirement que nous apportions une information pratique et indispensable.

Comme le gazouillis « gratuit » d’un oiseau, cela devrait être un plaisir, un temps de réconfort, un échange libre sans résultat direct à attendre.

Ce bavardage, qui se pratiquait de façon constante dans les familles ou sur le pas de la porte, a tendance à disparaître avec des obligations « en chambre » qui s’appelleront, télévision, MSN, Facebook…

Le besoin de communiquer est toujours là, simplement, nous ne nous en donnons plus le temps ni les moyens.

Retrouvons cette capacité de bavardage qui nous valait des punitions lorsque nous allions à l’école, qui nous retenait dans la cour de récréation autour de sujets graves comme la mode, le sport ou encore le dernier film.

Tout au long de l’activité professionnelle, le bavardage est souvent une constante d’autant plus que les open space sont devenus aujourd’hui la norme.

Si le papotage devient incessant, cela peut devenir lassant pour ceux qui souhaitent travailler dans le calme, cela peut nuire à nos capacités d’attention et de concentration.

Sachons le réserver pour le temps de pause devant la machine à café ou pour la pause repas.

Le côté négatif de tout cela, c’est le colportage de ragots, la désinformation préparant le terrain pour la diffusion de rumeurs.

Le bavardage peut se faire avec son passager ou sa passagère, le bavardage peut se faire dans la vie de couple ou encore le bavardage peut se faire dans les activités de loisirs pour notre plus grand bien.

Malgré le côté négatif d’un papotage incessant, parler avec légèreté aboutit à un résultat équivalent à celui d’une psychothérapie pour celui qui vit dans l’angoisse et l’isolement.

À l’heure où beaucoup se bousculent pour quitter le travail et se réfugier dans la retraite, le papotage devrait être un comportement à préserver absolument.

Il est bon de sortir quotidiennement, de discuter avec les commerçants, de faire connaissance avec les voisins pour simplement échanger, discuter et finalement continuer à exister dans le groupe social.

Dr Henri PULL

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