L’angoisse de castration, mère de toutes les guerres.

En deux mots, qu’est-ce que l’angoisse de castration ?
Pour le garçon, il s’agit de la peur de perdre son pénis.


Le petit garçon interprète la castration comme une menace : celle d’une autorité paternelle réprimant sa sexualité.
Chez la fille, cela se traduit par un sentiment de manque vis-à-vis de ce même pénis. La petite fille interprète la castration comme ayant eu lieu (contrairement au petit garçon, elle n’a pas de pénis). Elle doit réparer cette castration en récupérant un pénis.
Dans la théorie psychanalytique, il s’agit d’une étape essentielle dans le développement de chacun; son dépassement permet d’accéder aux stades plus élaborés de la construction psychologique.
Que se passe-t-il lorsque ça coince ?
Eh bien, le petit garçon devenu grand, exhibe « son zizi » à tout-va pour se rassurer et pour montrer à chacun que la castration, ce n’est pas pour lui.
De la même manière, la petite fille devenue femme, exhibera son « pénis de substitution » : son pouvoir, son pantin de mari, sa cruauté.
Tous les zizis symboliques exhibés, sont autant de canons, de mitrailleuses lourdes, de bombes, de coups de goupillon, de rhétoriques agressives, d’armes tranchantes, de caractères sexuels secondaires voyants (vous voyez, j’ai du poil au menton, je suis bien un homme…) et d’autres simulacres guerriers n’aboutissant qu’à la recherche de dominer l’autre.
Ce désir de domination puisant ses sources dans un instinct atavique de posséder le pouvoir se cache derrière des idées politiques, derrière des discours religieux, derrière des guerres de conquête mais aussi derrière des guerres de pacification, derrière tous ces mots où la violence brute est à peine voilée, pour « de bonnes raisons ».
Regardons ce monde où les ventes de penis, excusez-moi, où les ventes d’armes n’ont jamais été aussi florissantes, regardons ce monde où la religion, angoissée face à sa perte d’influence, rallume les braises de haine des siècles passés, regardons ces crimes où le viol et la prise de la vie d’autrui sont monnaies courantes.
Regardons différemment ces chefs d’orchestre du malheur du monde : dans leurs paroles fanatisées, ils n’ont qu’une peur, la répression de leur sexualité, la perte d’un zizi symbolique.
Eh bien, vous me direz, il y en a des angoissés qui devraient se pencher sur leurs défauts de construction psychologique!
Imaginons dans un cabinet de psychanalyste des religieux ancrés sur leurs certitudes de devoir tuer celui qui ne pense pas comme eux, des politiques dont le but est de violer votre confiance, des guerriers « libérateurs » dont le surarmement est à la mesure de leurs complexes, des sportifs triomphants qui oublient qu’ils ne sont que des amuseurs publicitaires, des architectes bâtissant toujours plus haut, et … tous « ces messieurs et mesdames tout le monde » qui n’ont pas dépassé ce stade de développement.
Il y a en aurait du beau monde !
Oui, le XXIe siècle et les précédents, ont été mis à mal par des individus (quelquefois présentés comme héroïques) qui n’avaient qu’une peur, le soir, tout seuls dans leur lit : celle de ne plus avoir de pénis.
Et, si on décidait de les mettre tous ensemble pour qu’ils s’entre-tuent, leur sexe en bandoulière, pour laisser les autres tranquilles ?

Docteur Henri PULL

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Henri Pull

Henri Pull

Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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Une réponse à L’angoisse de castration, mère de toutes les guerres.

  1. Lechevallier dit :

    Mais Monsieur que faites-vous vous-même avec votre grand discours ?

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