Le rite, prison ou salut

Vous voulez créer une union interpersonnelle et intercommunautaire durable ?

Son efficacité est établie !

Mettez en place des rites autour d’un sujet fédérateur.

Les rites? On en retrouve les traces dès les premiers âges de l’humanité et dans toutes les sociétés ; ils sont aussi multiples que les besoins de l’homme.

Sur tous les continents, un élément fondamental a favorisé la mise en place du rite et plus tard des rituels et des cérémonies : cet élément est la sédentarisation des groupes humains avec la mise en place de la spécialisation de chacun.

Le chasseur, pêcheur, cueilleur nomade du paléolithique, a laissé place à l’agriculteur, au guerrier, au commerçant, et à un groupe plus mystérieux, celui des prêtres ayant accès au monde de l’invisible.

L’émergence de tels groupes est devenue une norme dans la société humaine 2000 à 3000 ans avant notre ère.

Les prêtres, les mages, étaient entretenus par la communauté « active » pour sa protection spirituelle.

Ce groupe-là, n’exerçait pas d’activité manuelle mais une activité difficilement quantifiable fonctionnant dans le secret, décryptant le mystère, soumis à des forces occultes avec lesquelles il avait des relations exclusives.

En effet, il communiquait avec les dieux par les rituels sacrificiels et par les prières. Les dieux, convenablement interpellés et satisfaits, pouvaient assurer la bonne récolte à l’agriculteur, la victoire au guerrier, la richesse aux commerçants etc…

Rapidement, s’est instauré un ensemble de règles, se complexifiant au fil des millénaires, cimentant les communautés autour de célébrations religieuses ou non.

Au cours des siècles, le rite s’est codifié, s’est réglementé, s’appuyant sur la coutume ou sur la loi définie par une « haute autorité » censée posséder la maîtrise sur le monde visible et invisible.

Nous trouvons les rites intercesseurs, qui permettent l’intervention de Dieu ou des Dieux pour la maîtrise des éléments et plus généralement de nos désirs.

Ainsi, l’on demandera la pluie, une riche moisson, la guérison des malades, la fin de la guerre, une fertilité etc…

Nous trouvons les rites de passage marquant la maturation des membres de la communauté : comme la naissance, l’entrée consciente dans la religion, l’entrée dans l’âge adulte, etc….

En ayant un sens réel, mystique ou symbolique, les rites fédèrent le groupe et renforcent ses convictions

Vous avez pu le lire, les rites ne concernent pas simplement le monde religieux mais concernent tous les domaines où l’être humain se heurte à des difficultés et a besoin de retrouver un lien communautaire.

Les fêtes culturelles et sportives, les fêtes nationales, les fêtes religieuses, les commémorations de victoire, les événements commerciaux où se mêlent des symboliques sacrées, parsèment l’année, du 1er janvier au 31 décembre.

Avec le caractère éphémère de nos repères, avec le doute mettant à mal nos certitudes, avec la fragilité de nos liens sociaux, nous avons besoin de recréer un sentiment communautaire en faisant appel aux rites et aux rituels de plus en plus compliqués.

La seule difficulté consiste dans le choix des responsables de ces rites, qu’ils soient religieux, politiques ou de façon plus large festifs.

Les maîtres des rites, ressemblent à leurs prédécesseurs des millénaires passés : le moule est loin d’être cassé.

Ils sont convaincus de leur toute-puissance, ils sont parfois aveuglés par leur fanatisme, mais ils ont un point commun : ils vivent essentiellement des ressources que leur accordent leurs ouailles.

Aussi, ils mettront d’autant plus d’énergie à imposer leurs vues, à introduire des certitudes dans les convictions défaillantes de leurs « sujets », qu’ils voudront prospérer.

L’importance donnée au monde des gourous, des chamanes, des maîtres à penser, des ministres des différents cultes et des leaders politiques, est étroitement liée à l’incertitude humaine.

Sachons-nous méfier de tous ceux qui nous proposent une garantie générale à condition de leur faire entièrement confiance, et à plus forte raison, lorsqu’ils nous désignent un bouc émissaire à « sacrifier » pour notre salut.

Le rite, peut réunir une fraternité réconfortante ou au contraire, peut devenir une arme d’asservissement et de violence dans les mains de ceux qui l’instaurent.

« Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence » Julien Green

 

Dr Henri PULL

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