Le stress chez l’enfant, thermomètre du stress parental.

Les fonctionnements du père et de la mère font partie intégrante du « moule » dans lequel se construira la personnalité de l’enfant et, de ce fait,  ils auront un impact déterminant sur celle-ci. L’enfant, en véritable plaque photographique, s’impressionnera du  stress ambiant en positif ou en négatif. Il cumulera par ailleurs d’autres sources de stress qui elles lui seront propres.

Examinons tous ces petits signes qui nous apprendront beaucoup sur l’anxiété de notre enfant :

Il se ronge les ongles, il grignote sans faim. Me rappelle-t-il quelqu’un ?

Il est sur-actif, ne reste jamais en place, court d’une activité à l’autre. Par mes conduites, n’ai-je pas ancré en lui ce besoin incessant d’action, évitant ainsi tout « temps mort » propice à la réflexion et à la détente ?

Enurésie ou encoprésie : stress ou immaturité ? La question devra être posée afin de percevoir l’origine de ces « accidents » décalés par rapport à l’âge de l’enfant.

Si stress il y a, d’où vient-il ?

Très probablement de l’environnement, qu’il soit familial ou social. Les parents et le monde des adultes représentent une part majeure dans le monde structurant de l’enfant.

Observons-nous, comprenons-nous pour tout d’abord nous aider et par la suite l’aider à éteindre ces foyers de peurs.

Cauchemar ou stress ?

Ses nuits ne sont qu’un ténébreux combat émaillé de peurs et de réveils en sursaut. Le cauchemar correspond à l’ouverture autorisée de la boîte de Pandore qu’est notre inconscient. Le contenu de ses rêves est à la mesure de ses préoccupations et  de ses inquiétudes.

Soyons-en conscients pour lui proposer, autant que faire se peut, un entourage plus serein dont nous serons les premiers bénéficiaires.

Le stress est un facteur d’agressivité chez l’enfant comme chez ses parents.

Chaque individu accumule, tout au long de sa journée, un ensemble d’expériences gratifiantes ou frustrantes. Ces sentiments de manque, de frustration, demanderaient à s’exprimer sous forme d’agressivité et de cris libérateurs auxquels succèderait un sentiment de calme et de mieux-être.

La vie sociale n’autorise pas de tels débordements caractériels sans risque pour le sujet ; en effet il risquerait de se retrouver encore plus « débiteur », émotionnellement et affectivement parlant, en agressant sans discernement ses copains ou son entourage scolaire. Il subirait une agression en retour ou un abandon pur et simple.

Devant un enfant agressif ou irritable sans raison manifeste, vous jouez le rôle fort ingrat d’exutoire, de paratonnerre.

Qu’est-ce donc qu’un paratonnerre ?

Dans les villages nichés dans des lieux soumis aux risques de foudre, le bâtiment le plus élevé – souvent l’école ou le clocher – dispose sur le point culminant du toit d’un dispositif conducteur, le paratonnerre, relié au sol (à la terre) afin que, canalisée, la formidable décharge électrique de l’éclair aille se perdre dans le sol sans nuire à quiconque. La foudre tombe donc sur le paratonnerre, mais canalisée, elle ne représentera alors qu’un risque mineur pour le village.

Psychologiquement parlant, l’expérience m’a montré que celui qui sera choisi afin de jouer le rôle ingrat de « paratonnerre », sera quelqu’un d’affectivement proche, de totalement fiable et surtout qui aimera, quoi qu’il advienne et quoi qu’il exprime, le colérique.

Il faudra sans aucun doute réfléchir à la justesse des rapports affectifs parents-enfant mis en place.

L’éventualité d’un conflit manifeste au sein de la famille étant écartée, vous vous découvrirez dans le rôle d’un paratonnerre canalisant le surcroît d’agressivité d’un fils ou d’une fille en ébullition, sans qu’il faille y voir un rejet affectif de la part de l’enfant à l’égard du parent agressé.

L’enfant à son tour sera susceptible de jouer ce rôle ingrat auquel il ne sera pas préparé du fait de l’immaturité de sa personnalité. Le caractère « injuste » de la conduite de l’adulte rentrant éreinté de sa journée de labeur et faisant payer son surcroît de stress quotidien en tempêtant auprès des siens, vous sautera aux yeux. Et pourtant, n’est-ce pas ce que vous faites parfois, bien involontairement certes, mais sûrement toujours mal à propos lorsqu’il s’agira d’enfants ?

Nous devrons apprendre à mieux gérer le stress afin d’en initier nos enfants et de les rendre plus aptes à vivre en société en acceptant les aléas du quotidien.

Il est important de retenir les origines principales du stress de l’enfant résultant d’un stress excessif de l’adulte :

-          L’enfant pourra se sentir investi d’une mission impossible à réaliser.

-          L’enfant pourra vivre un mal-être stressant du fait de l’inadéquation entre les demandes parentales et son propre mode de pensée.

-          L’enfant se sentira en désaccord avec l’image idéale qu’auront de lui ses parents et cherchera en vain à y correspondre.

-          L’enfant jouera le rôle d’une véritable « éponge » s’imprégnant du stress ambiant.

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Henri Pull

Henri Pull

Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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