Le stress prénatal

Les parents : facteurs de stress chez l’enfant

Peut-on considérer le stress de l’enfant sans explorer le stress parental ?

Enfance rime le plus souvent avec insouciance, et pourtant…. depuis que l’homme parcourt le monde, depuis qu’il s’y multiplie quelles que soient les conditions physiques ou climatiques, il a partagé son mode de vie avec les siens, qu’ils soient adultes ou en bas âge.

Le nourrisson exprime de manière innée des angoisses paradoxalement gages de sa survie dans un environnement hostile.

L’enfant en âge préscolaire accèdera à des défenses spécifiques à son degré de maturation face à des dangers extérieurs.

L’enfant plus grand puis l’adolescent tendront à rejoindre par leurs fonctionnements les conduites de leurs aînés et exprimeront les mêmes formes de stress.

Nous analyserons dans ce chapitre l’incidence des stress parentaux sur l’enfant, qu’il soit intra-utérin, nouveau-né, en âge scolaire ou adolescent. Leur intensité et leur nature laisseront une empreinte que nous essaierons simplement de cerner puis d’analyser.

Nous pouvons parler de stress boomerang, les parents initiant le stress et l’enfant le renvoyant.

Selon que le caractère du stress sera positif ou négatif, nous nous efforcerons d’y réfléchir pour mieux en mesurer les incidences.

 Nous retiendrons que le stress intra-utérin, le stress prénatal est dans nos mémoires et dans la mémoire de notre enfant.  Le stress est un intime partage durant la grossesse.

Des travaux de recherche expérimentale (Laboratoires bordelais de l’Inserm) ont cherché à étudier puis à prouver la réalité de l’impact du stress durant la vie intra-utérine de l’enfant. Son corps, alors en voie de construction, se montre naturellement malléable et sensible à l’environnement qui l’accueille et lui fournit des conditions idéales de développement.

L’expérimentation animale – à rapprocher du modèle humain – a démontré que des rats issus de mères stressées durant la gestation se révélaient plus anxieux, avaient un sommeil perturbé, présentaient des troubles du comportement en se montrant hyperactifs et étaient moins performants sur le plan mémoriel.

Sans vouloir superposer le sort de l’homme à celui du rat, l’étude a conclu que le stress maternel exercerait un impact important sur le développement de l’hippocampe chez le fœtus. La production excessive de corticostérone que nous avons évoquée dans le chapitre « le stress au quotidien » ralentirait le développement des cellules nerveuses de l’hippocampe et induirait une altération des fonctions intellectuelles.

Comme chez le jeune rat, la carence en soins maternels et l’impact de ces « surcharges » en cortisol maternel et fœtal seraient réversibles dans un cadre affectivement équilibré et psychologiquement sécurisant.

Il faudrait dans ce cas que l’environnement familial se modifie considérablement et que psychologiquement, la maman effectue un travail suffisamment important pour éteindre en elle tout stress excessif et inopportun, ce qui, en fait, se rencontrera rarement dans la vie courante.

Dans le cas de mères adoptantes, psychologiquement stables, les effets du stress prénatal seraient réduits du fait de « l’augmentation » de leurs conduites maternantes ayant un effet réparateur.

Après la naissance, un environnement négatif, un allaitement et des comportements maternels insatisfaisants entretiendraient sinon majoreraient les altérations survenues avant la naissance.

Un bébé issu d’une grossesse stressée se montrerait précocement stressé sans raison précise. Il aurait tendance à se présenter par la suite comme un enfant craintif, dans un éternel qui-vive portant dans sa façon d’être les stigmates des peurs extrêmes de sa mère.

Dr Henri PULL

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Henri Pull

Henri Pull

Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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