Les notions de faim et satiété

Les notions de faim et de satiété: les bases de conduites alimentaires saines lorsqu’elles sont présentes ou totalement inadaptées lorsqu’elles sont « muettes ».

L’homme aurait-il perdu les notions fondamentales de faim et de satiété, du fait de son évolution ?
Se nourrir lorsqu’on a faim ?
Quoi de plus naturel, si la nourriture est à portée de main.
Mais, sait-on ce que c’est que d’avoir faim dans une société où l’alimentation est devenue un véritable phénomène social, où se mélangent, occupation, savoir-vivre, médecine, technologie diététique, consommation ou encore nécessité économique ? Le rythme des repas, la composition de ceux-ci, leur pouvoir nutritionnel et calorique sont « normés » pour une population qui se doit d’être tout aussi normée.

Pour comprendre l’aberration des prises alimentaires, hors « nécessité physiologique », il est bon de l’analyser sous forme d’anecdote:

Imaginons que vous déteniez une voiture et, que l’on vous demande de mettre quotidiennement 20 l de carburant dans le réservoir du véhicule, que vous rouliez ou que vous ne rouliez pas.
Si vous roulez, pas de problème, votre réservoir se videra tout au long de votre parcours pour, au final, se retrouver vide et prêt à être rempli à nouveau.
Si vous ne roulez pas et si vous suivez aveuglément la consigne, que se passera-t-il ?
La plupart d’entre vous me répondront spontanément, « ça débordera » !

Cette histoire, qui paraît absurde, a priori, est répétée, année après année, par la majorité d’entre vous lors des repas.
Vous mettez dans votre estomac un plein de carburant, de façon automatique, sans tenir vraiment compte de l’énergie que vous allez devoir dépenser dans la journée. Comme dans la majorité des cas, « le plein alimentaire » se rapproche plus du plein d’une grosse cylindrée que d’un petit véhicule, le débordement potentiel sera doublement important.
La population moyenne, globalement en surpoids, atteint progressivement le seuil du débordement en franchissant les portes de l’obésité tout d’abord, puis, « plein après plein », de l’obésité morbide, véritable suicide alimentaire.

Et la satiété?
Pour manger en moindre quantité, il est bon de prendre son temps.
Différentes études ont démontré que selon la rapidité d’absorption d’une même ration alimentaire, en considérant une population comparable, le sentiment de satiété n’était pas perçu de la même façon.
La population, qui consomme très rapidement sa ration, a de la peine à se sentir rassasiée, même en quittant la table. Ce résultat se rattache au fait que les organismes concernés n’ont pas eu le temps de produire des hormones pour signaler au cerveau que la ration, nécessaire et suffisante, avait été absorbée.
De façon claire, la population qui consomme de façon beaucoup plus lente sa ration, si elle ne présente pas de pathologie du comportement alimentaire, sera rassasiée au terme de son repas.
Cela nous amène à nous poser la question :

- Quels sont les mécanismes de la faim et de la satiété?
- Les mécanismes de la faim et de la satiété sont mécaniques et hormonaux.

L’impression, que l’on ressent lorsque l’on a faim, est un état de besoin interne qui amène « l’affamé » à rechercher de quoi manger et à consommer les aliments.
Cette sensation de faim est souvent accompagnée de phénomènes digestifs de type, gargouillis, contraction d’estomac et hypersalivation.
Il est important de faire là un aparté en évoquant le réflexe de Pavlov qui avait été étudié voici déjà un siècle.
Pavlov montra que, si l’on accoutumait un chien à accompagner sa nourriture d’un stimulus sonore, l’on pouvait à la longue déclencher la salivation de l’animal en produisant le son sans l’accompagner de nourriture. Ce réflexe s’apparente à une réaction involontaire et mécanique, non innée, provoquée par un stimulus extérieur.

D’après Pavlov, il y a deux types de réflexes : les réflexes innés, présents à la naissance, et les réflexes conditionnels, ceux que l’on acquiert avec l’apprentissage. C’est ainsi qu’il découvrit les lois fondamentales de l’acquisition des réponses réflexes, comme la salivation.
Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous, comme le chien de Pavlov, répondront par des signes physiques dès que l’heure du repas approchera, sans que le corps ait vraiment besoin de l’aliment.

Si l’on a vraiment besoin de s’alimenter, à des phénomènes de gargouillis, peuvent se rajouter un sentiment de faiblesse physique, une impression de fatigue intellectuelle correspondant à une baisse de la glycémie. Ce sentiment de malaise, désagréable, pousse l’organisme à absorber sa ration alimentaire sans attendre. Une fois l’individu rassasié, le corps renverra un signal au cerveau pour lui signaler que les besoins ont été comblés; cela correspond au sentiment de satiété.
Le cerveau centralise les informations et représente le centre de l’appétit et de la satiété. Une glande, appelée l’hypothalamus, située dans le cerveau, est le centre de la faim et le centre de la satiété.

L’impression que l’on ressent lorsque l’on est repu, se ressent lorsque le cerveau reçoit les signaux de satiété.
Ces signaux augmentent au fur et à mesure que l’individu se nourrit et peuvent être de différents types.

Sensoriels : Des récepteurs sensoriels sont présents dans la bouche, au niveau des dents, de la langue, du palais, des différents muscles et ligaments. Ils permettent de ressentir l’aspect, l’odeur, la texture et le goût de l’aliment et vont envoyer au cerveau un influx nerveux.

Digestifs: L’entrée des aliments dans l’estomac provoque la distension des mécanorécepteurs qui vont ensuite transmettre l’information au système nerveux central.

Hormonaux : L’arrivée des aliments dans le tube digestif induit la sécrétion d’hormones qui jouent un rôle sur la satiété : la leptine, l’insuline et la cholécystokinine. Leur libération dans le sang réduit la prise alimentaire en envoyant le message de satiété au cerveau.
Enfin, le temps de contact entre les nutriments et les cellules de l’intestin grêle prolonge la durée de la satiété.
Il existe dans l’hypothalamus des neurones qui ont besoin d’histamine, un neurotransmetteur sécrété suite à la mastication, pour communiquer et transmettre le message de satiété.
Quinze à vingt minutes après le début du repas c’est-à-dire après le début de la mastication, l’histamine arrive jusqu’à l’hypothalamus et commande au cerveau d’arrêter de manger.
Le mangeur terminera son repas, et son besoin de remanger sera anesthésié pendant une certaine durée.
Les odeurs qui avant leur repas lui paraissaient succulentes et attractives ont perdu de leur effet pour éveiller en lui, l‘effet contraire, un sentiment de dégoût.

À moins que…ce mangeur n’ait qu’une réaction minime en réponse à son repas pourtant diététiquement suffisant.
Sur un mode expérimental, on a évalué des groupes de jeunes filles ayant une variation génétique responsable d’une réduction de production de neurotransmetteurs qui interviennent dans les sensations de plaisir, la dopamine.
La notion de plaisir étant insuffisante, la satiété tarde à se mettre en route et la consommation alimentaire se poursuit au-delà des besoins.
L’obésité n’est pourtant pas une fatalité pour les porteurs de cette variation génétique. Une modification du mode de vie, une activité physique correspondant à leur consommation alimentaire et une meilleure compréhension de leur fonctionnement les aideront tout simplement à maintenir une corpulence compatible avec une vie de bonne qualité.

Et, si au moment où mon estomac crie famine, si je ressens la faim si je n’ai rien à manger?
Rassurez-vous, sans réponse alimentaire au sentiment de faim, d’autres signaux hormonaux vont être sécrétés pour ordonner l’utilisation des graisses de réserve qui joueront alors le rôle de véritable repas.
Le gargouillis et autres manifestations physiques s’estomperont ; persistera simplement une frustration, plus psychologique que physique.

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