Les recettes du diable : comment faire un terroriste ?

« Faites-le vous-même » ou «Do It yourself »: la recette en est simple, il faut simplement en suivre les étapes de façon bien précise.


1.    Il faut d’abord mettre, dans le diabolique chaudron, une idéologie suffisamment mobilisatrice et aux idées suffisamment simplistes pour être comprises facilement par un non-initié.
2.    Il faut disposer d’un groupe désœuvré, n’ayant pas d’idéal mobilisateur, n’ayant pas de « limites » et n’ayant pas de racines familiales structurantes. Ces conditions feront  qu’il recherchera « une famille de substitution »: ses frères d’armes comploteurs.
3.    Il faut valoriser l’action meurtrière en la transformant en épopée guerrière, où l’aventure se mêlera à des actions où l’adrénaline et la testostérone auront toute leur place. Pour cela, les médias sont présents pour transformer un illustre inconnu, coupable d’actes de guérilla ou d’enlèvement sanglant, en chef charismatique d’un mouvement « de libération », forcément mobilisateur.
4.    Il faut matraquer l’information régulièrement, dans tous les journaux télévisés, pour permettre à ces groupuscules, regroupant une centaine de personnes, d’avoir une audience mondiale en quelques jours.
5.    Il faut des moyens financiers importants pour armer ces bras, devenus, aux yeux de ses convertis crédules, vengeurs d’un monde injuste et sans espoir.
6.    Il faut aussi des usines pour fabriquer les armes et des « vendeurs – livreurs » pour les disséminer dans tous les coins chauds de la planète.


Et pourtant… de façon curieuse, ce sont les victimes supposées du terrorisme qui en sont à l’origine.
-    Où trouve-t-on le plus facilement un groupe désœuvré n’ayant pas d’idéal mobilisateur ?
Dans nos nations post- industrielles ayant obtenu un niveau de vie où les besoins vitaux sont pourvus mais pas les besoins d’amour, de rêve, de stabilité professionnelle, de cellule familiale forte, de sécurité morale, d’idéal, de fraternité et de valorisation.
-    Qui fait connaitre l’action meurtrière et assure le service après-vente des actes terroristes ?
Nos nations développées disposent de la puissance médiatique contrainte de trouver, coûte que coûte, du contenu pour tous ses supports, qu’il s’agisse du papier avec les journaux, qu’il s’agisse des images avec la télévision, qu’il s’agisse du son avec la radio.
-    Qui relaie les messages criminels, « mobilisateurs » pour une minorité endoctrinable ?
Nos moyens de communication, nos sources multiples d’informations et toutes nos lois idéalistes, sont là pour permettre une diffusion sans limite de dogmes moyenâgeux, de messages extrémistes et de mots d’ordre radicaux.
-    Qui dispose de moyens financiers pour armer le terrorisme ?
Ce ne sont certainement pas les nations les plus pauvres ! Là aussi, ce sont nos nations développées qui, pour des raisons obscures où le business a sans doute son mot à dire, ouvrent leur porte-monnaie.
-    Qui fabrique l’armement utilisé dans la guérilla terroriste ?
Là aussi, il est difficile de trouver des usines de haute technologie et des ingénieurs hautement qualifiés, dans le sable et les cailloux des territoires déshérités. Il faut se tourner vers les pays du G7 et leurs partenaires pour cela.
-    Qui vend et transporte les armes vers les lieux de conflits ?
Là aussi, la réponse est accablante, ce sont nos propres nations industrielles qui sont en première ligne par négligence coupable, par intérêt mercantile, par intérêt géopolitique, par aveuglement idéaliste ou par simple bêtise. Elles transforment, directement ou indirectement, des groupuscules aux moyens d’action limités en groupes puissamment armés.
-    Et qui rend dramatique des exactions barbares ?
Bien involontairement, ce sont les otages issus de nos nations industrielles ; ils sont là pour être les acteurs/victimes d’actes épouvantables et tragiques qui piétinent toutes les valeurs humanistes, fondatrices de nos démocraties.
Ainsi, vous l’aurez compris, le terrorisme est mitonné inconsciemment, au vu et au su de chacun d’entre nous, dans les cuisines des pays riches, dits développés.

Le cercle est bouclé, alors continuons…


Le diable-cuisinier n’a pas fini de rire !

Dr Henri PULL

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