L’estime de soi: haute ou basse?

L’estime de soi est le reflet de notre état psychologique, émotionnel et comportemental.

Elle résulte à la fois du regard que l’on porte sur soi et de ce que l’on imagine être le regard des autres sur sa personne.

Cela signifie que nous sommes des êtres sociaux, que nous nous soucions de notre place parmi les autres.

L’estime de soi aurait moins de sens si nous étions seuls au monde.

Les sujets à basse estime de soi s’engagent avec beaucoup de prudence dans l’action. Ils renoncent plus vite en cas de problème.

À l’inverse, les sujets à haute estime de soi prennent plus rapidement la décision d’agir, et persévèrent davantage face à des obstacles.

L’explication de ces différences tient entre autres à la perception d’un échec possible :

    *Les sujets à basse estime de soi tendent à procéder face à l’échec à des discours auto culpabilisants (c’est de ma faute), dévalorisants (cela prouve que je suis nul) et résolument pessimistes face à l’avenir.

   *Tandis que les sujets à haute estime de soi vont le plus souvent recourir à des explications extérieures à eux-mêmes (cette fois-ci je n’ai pas eu de chance), toujours valorisantes et optimistes.

Ces deux mécaniques s’auto-entretiennent. La première poussant le sujet à basse estime de soi à entreprendre aussi peu que possible, et donc à bénéficier moins souvent des gratifications de la réussite, donc à douter davantage, etc… Tandis que la deuxième dynamique pousse le sujet à haute estime de soi à multiplier les actions, qui peu à peu vont nourrir et consolider sa confiance en lui-même.

Les sujets timides, présentant une basse estime d’eux-mêmes ont un profil constant dans leurs évitements, dans le fait de rester en retrait, de ne pas prendre d’initiative. Ils valident et consolident la médiocre image qu’ils ont d’eux-mêmes « je ne suis pas capable d’intéresser les autres »; le moindre échec est vécu comme une catastrophe personnelle et sociale majeure. Il est ruminé longuement, et ensuite utilisé comme frein à de nouvelles initiatives.

On a montré que les sujets à basse estime de soi, lorsqu’ils se décrivent, se montrent prudents et hésitants, abusant de la nuance jusqu’au flou. Ils ne prennent aucun risque !

Les sujets à haute estime de soi par contre parlent d’eux en termes plus tranchés et plus affirmatifs en se montrant moins dépendants de leur entourage.

Confrontés à un échec, les étudiants à haute estime de soi vont présenter des réactions émotionnelles immédiates d’intensité équivalente à celle de leurs congénères à basse estime de soi ; par contre, elles dureront chez eux nettement moins longtemps : le sillage émotionnel de l’échec perturbera moins leurs attitudes ultérieures.

Le lien entre basse estime de soi et risque dépressif est bien réel.

Il semble que ce phénomène s’auto-renforce avec le temps en l’absence d’intervention délibérée pour améliorer l’estime de soi.

Alors dans quel camp vous rangez-vous ?

Dans de prochains articles, l’intérêt d’être dans le camp des « hautes estimes de soi » ou dans celui des « basses estimes de soi ».

Docteur Henri PULL

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