Moindre efficience intellectuelle chez l’enfant d’une mère déprimée ou mal nourrie

Bien que le contrecoup d’une dépression maternelle sur l’enfant (avant, pendant ou après la grossesse) soit bien établi, on a peu d’informations sur le retentissement préjudiciable de cette dépression et d’une mauvaise alimentation de la mère durant la grossesse sur les fonctions cognitives de l’enfant.

Mettant à profit les données de l’enquête longitudinale ALSPAC[1], une étude britannique évalue l’incidence des troubles dépressifs maternels sur le développement cognitif de l’enfant.

La symptomatologie dépressive de la mère a été évaluée « à cinq reprises entre la 18ème semaine de grossesse et au 33ème mois après l’accouchement. »

Les informations sur le contexte nutritionnel de la mère ont été recueillies à la 32ème semaine de grossesse et au 47ème mois après l’accouchement, et l’évaluation du développement cognitif de l’enfant est intervenue à l’âge de 8 ans (niveaux de performance et d’efficience verbale établis par la passation du test psychométrique Wechsler Intelligence Scale for Children, WISC).

Pendant la grossesse, des symptômes dépressifs élevés étaient corrélés à une plus mauvaise qualité du niveau nutritionnel de la mère.

De plus, les chercheurs ont observé une relation entre la mauvaise qualité du niveau nutritionnel de la mère (« bas niveau d’une alimentation saine ou haut niveau d’une alimentation malsaine ») et une réduction du niveau cognitif de l’enfant (évalué par les résultats du QI).

Cette « association prospective » se révèle d’ailleurs « robuste », aussi bien vis-à-vis du contexte dépressif ou nutritionnel affectant la mère après l’accouchement que relativement à « toute une gamme de facteurs de confusion pré ou postnataux » : mère encore adolescente, faible niveau éducatif ou économique de la mère, parité du nombre de grossesses, complications médicales à la naissance, contexte d’addiction chez la mère, vie marginale, violence du conjoint…

Afin de limiter l’incidence d’une mauvaise nutrition maternelle, péjorative pour le développement cognitif de l’enfant, les auteurs préconisent donc de développer des interventions ciblant, dès la période prénatale, une revalorisation de cet environnement nutritionnel.

Barker ED et coll.: Prenatal maternal depression symptoms and nutrition, and child cognitive function. Br J Psychiatry 2013 ; 203: 417–421.

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