Moins d’argent, moins de couches ? Je stresse!

La pauvreté favorise certaines maladies et les troubles du développement de l’enfant. En recherche clinique, ce facteur de risque est apprécié sur les revenus des parents, leur instruction et leur emploi, et, depuis quelques années, leurs difficultés matérielles concernant l’alimentation et le logement. Le besoin de couches pourrait être un indicateur de plus des difficultés matérielles des familles qui ont des enfants en bas âge. En 2012, Le coût des couches d’un nourrisson s’élevait à environ 1 000 dollars par an aux USA.

Dans une enquête transversale ciblant des femmes à bas revenus, enceintes ou ayant des enfants à charge, 27,5 % des femmes interrogées ont déclaré manquer de couches pour effectuer les changes de leur nourrisson.

Les 877 participantes avaient été recrutées dans les rues d’une ville américaine. Elles étaient âgées de 20 ans minimum (âge moyen : 36,2 ans), en majorité noires (56,4 %) ou hispaniques (29,4 %). La plupart (86,7 %) avaient au moins un enfant mineur vivant avec elles.

Selon leurs dires, 31,7 % d’entre elles éprouvaient le besoin de soins mentaux et 30,7 % avaient été traitées pour stress, tristesse ou anxiété au cours de l’année écoulée ; 77,3 % des participantes avaient un médecin qui connaissait bien leur(s) enfant(s).

Environ deux tiers des femmes à court de couches pour les changes obtenaient des couches d’un organisme (10 % des participantes), empruntaient des couches ou de l’argent à des parents ou à des amis (10 %) ou utilisaient d’autres moyens, comme une aide caritative (3 %), alors qu’un tiers faisait durer son stock de couches en espaçant les changes (8 %).

Les taux de « besoin de couches » étaient relativement plus élevés dans 5 groupes de femmes :

- les femmes hispaniques par rapport aux femmes noires (Odds Ratio [OR] = 1,96 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,51 à 3,33) ;
- les femmes blanches par rapport aux femmes noires (OR = 2,27 ; IC95 de 0,92 à 5,58) ;
- les grand-mères élevant des petits-enfants par rapport aux mères (OR = 2,53 ; IC95 de 1,21 à 5,28) ;
- les femmes qui exprimaient un besoin de soins mentaux par rapport aux autres (OR = 1,89 ; IC95 de 1,16 à 3,09) ;
- les femmes ayant 2 ou 3 enfants vivant à la maison par rapport à celles n’ayant qu’un seul enfant à la maison (OR = 1,68 ; IC95 de 0,92 à 2,95).

Au total, cette enquête, qui exclut les mères adolescentes, suggère que le besoin de couches représente une difficulté matérielle stressante pour les parents à bas revenus. En dépit du titre de l’article, l’impact de ce besoin sur la santé des nourrissons n’est pas prouvé, mais il est établi qu’avoir des parents stressés perturbe le développement et que rester longtemps dans des couches souillées favorise les dermites du siège et les infections urinaires. Les auteurs considèrent que la détection du besoin de couches par les pédiatres et une fourniture complémentaire de couches par une « banque de couches » pourraient diminuer le stress des parents pauvres.

Auteurs

Dr Jean-Marc Retbi

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