Mon image me stresse, pourquoi ?

Être stressé par sa propre image, voilà qui surprendrait notre ami chasseur-cueilleur de la préhistoire uniquement préoccupé par sa survie et exploitant exclusivement le stress dans ce but essentiel.

Du reflet renvoyé par le miroir de ces matins blafards où notre mine de papier mâché manque nous faire défaillir, à ces innombrables reflets accompagnant nos pérégrinations quotidiennes, nous voici escortés par un autre « nous-mêmes » immatériel mais pourtant si présent : notre apparence.

L’enveloppe charnelle qui abrite nos secrètes pensées, notre monde fantasmatique, notre vie affective, est-elle à l’unisson de ce que nous voudrions être ou de ce que nous serions désireux « d’avoir l’air d’être » ?

Le malaise sera d’autant plus perceptible et d’autant plus agressif que l’image que nous renverrons tant à nos yeux qu’aux yeux de tous, ne correspondra pas à un idéal universel médiatiquement valorisé.

Comment comprendre une telle source d’inquiétude sans approfondir l’ensemble des questions qui assaillent en permanence la victime d’un tel stress?

-  Que pense-t-on de moi ?

-  Rit-on de moi ?

-  Puis-je plaire?

- Pourquoi ne suis-je pas plus beau, plus belle, plus grand(e), plus maigre, plus… différent(e) de ce que je suis?

Derrière toutes ces interrogations se dissimulent la peur de la solitude affective, la peur de la différence. Notre apparence nous dévalorise car elle ne nous paraît pas correspondre à l’image « idéale » empiriquement établie. Les troubles seront renforcés par une personnalité mal construite et une piètre estime de soi.

Régimes, chirurgie esthétique, sport à outrance sont autant de solutions pour un nombre croissant de personnes tentant ainsi de trouver une solution à l’imperfection, à l’outrage des ans, à la souffrance face à une différence pénalisante – ou supposée telle – dans un monde artificiellement calibré pour le bonheur de tous.

La survie n’est certes pas en cause dans le sens propre du terme mais l’existence sociale est réellement mise en péril du fait de la concrétisation d’une rencontre amoureuse rendue douteuse, la possibilité de voir une ascension professionnelle freinée par un manque de confiance en soi ou un physique non conforme à l’image « vitrine » que souhaitera renvoyer l’entreprise.

La personne à qui l’on souhaitera plaire ou l’entreprise dans laquelle on souhaitera faire carrière seront tout autant dépendantes d’exigences normalisées considérées comme idéales.

Ce stress inutile, non justifié, ne peut que croître dans une société où la compétition, la réussite et l’image apparaissent comme des repères majeurs.

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Henri Pull

Henri Pull

Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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