Pour vendre plus, vendez bio!

L’industrie agro-alimentaire est encouragée à participer activement aux ateliers organisés par les autorités sanitaires, mais aussi à l’élaboration des politiques nutritionnelles. L’industrie est invitée également à se doter de codes de bonne conduite pour ce qui est des pratiques de vente, parfois en collaboration avec les autorités sanitaires.

Mais cette approche collaborative sert plutôt les intérêts des industriels que ceux du public. Ainsi, de très nombreuses dispositions des programmes « nutrition santé » sont favorables aux industriels, en accordant, par exemple, une place hypertrophiée aux laitages et aux céréales. L’accent mis sur la réduction des graisses ne correspond à aucune donnée scientifique solide, mais représente une bénédiction pour les produits allégés.

Dans l’esprit des plus jeunes, les fameux messages sanitaires « manger moins gras, moins sucré, moins salé » suggèrent que les produits qu’ils accompagnent sont bons pour la santé.

Selon une enquête de 2008 pour le ministère de la santé, 47% des 8-14 ans disent que les publicités leur donnent envie de manger ou de boire, 62% demandent aux parents d’acheter ces aliments et 91% disent obtenir satisfaction.

D’ailleurs d’autres études montrent que les allégations santé peuvent littéralement déformer notre perception de ce que nous mangeons.

Pour le montrer les professeurs Wansink et Chandon ont mis au point une expérience désormais connue sous le nom d’étude McSubway.

Pour comprendre cette expérience, il faut savoir qu’aux Etats-Unis la chaîne de restauration rapide Subway travaille son image « santé » et inonde littéralement ses clients de messages nutritionnels.

Au final Subway a réussi à gagner une image de « restauration santé », tout en vendant, en parallèle de leur gamme de sandwich allégés, des sandwich gigantesques garnis de boulettes de viande, agrémentés de mayonnaise et accompagnés de frites et de coca.

L’important est que les consommateurs aient l’impression que cette enseigne prépare des repas diététiquement sains, bénéficiant d‘un label santé.

Mais en fait, il ne s’agit que d’une impression puisque au niveau de la commande du client moyen, rien n’a vraiment changé. Son choix se porte sur ce que son habitude de « snaking » lui a appris à apprécier, l’hypercalorique!

En effet, à l’heure de la commande la plupart des clients délaissent les sandwiches allégés pour leurs homologues riches en calories.

77 % ont rajouté du fromage, 79 % ont mis de la sauce, 53 % ont agrémenté leur sandwich d’un paquet de chips, 27 % se sont autorisés un maxi cookie en dessert.

Côté boisson, 37 % des clients ont commandé un soda et 41 % se sont resservis. Au final les adeptes de Subway ont consommé un repas leur apportant en moyenne 677 calories. Mais quand on leur demande « combien de calories pensez-vous avoir mangé chez Subway », leur réponse tourne plutôt autour de 495 calories. Une sous-estimation de 34 %.

 

 

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