Troubles mentaux chez l’enfant et antécédents familiaux !

Troubles mentaux chez l’enfant : ne pas surestimer l’impact des antécédents familiaux!

La dépression parentale (et en particulier maternelle) constitue un facteur de risque bien documenté de psychopathologie à la génération suivante.

Néanmoins, rappellent les éditorialistes du British Journal of Psychiatry, il n’est pas prouvé que cette association soit réellement de type causal. En effet, un état dépressif chez le(s) parent(s) pourrait intervenir au titre d’un « marqueur de risque » plutôt que comme un authentique facteur de corrélation. Il est certes important de reconnaître cet antécédent familial, mais le danger serait de raisonner alors de façon trop simpliste, ce qui conduirait à une approche partielle du sujet en méconnaissant d’autres éléments. Et même si l’incidence pathogène d’une dépression maternelle pour l’enfant est avérée, d’autres facteurs peuvent coexister, par exemple « une consommation d’alcool ou des comportements antisociaux qui augmentent considérablement le risque de dépression chez les adolescents. »

En fait, il est très difficile d’opérer une démarcation certaine entre les « contributions génétiques et environnementales » impliquées dans le déterminisme des troubles psychiatriques, vu la « complexité des facteurs en interaction » à l’origine d’une vulnérabilité chez les enfants. Par ailleurs, il ne faut pas méconnaître la possibilité d’un effet stigmatisant (lui-même pathogène), lié à la vulgarisation du constat épidémiologique prêtant aux enfants de mère déprimée un « risque accru pour divers troubles allant d’un QI plus faible à un comportement antisocial. »

Rappelant l’ancien postulat condamnable de la « mauvaise mère », cet effet pervers de culpabilisation est d’autant plus préjudiciable qu’il touche des sujets déjà fragilisés par leur contexte anxieux et dépressif.

C’est pourquoi l’évocation « peu rigoureuse » de cette dynamique transgénérationnelle des troubles psychiatriques peut conduire à une « certaine cécité » sur le fait que, malgré la réalité de ce facteur de risque désormais classique en pédopsychiatrie, il n’en demeure pas moins que « la grande majorité des enfants de mères souffrant de dépression (probablement plus de 80 %) se révèlent peu ou pas du tout affectés » par un impact propre de ces antécédents familiaux.

source UNIVADIS / Actalités médicales / Psychiatrissimo
Ce contenu a été publié dans Dépression et antécédents familiaux, La dépression, Le rôle de parent, Parents et enfants, Stress et vie familiale, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>